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VALENCE - PARIS

© Sophie BOUQUEREL

Hélène HUON, cheffe au grand coeur

Après 10 ans au conservatoire de SCEAUX-BOURG LA REINE -92 - ( entre 1985 et 1995) pour le violon et l’orchestre, elle a ensuite pratiqué la basse, le chant et les percussions dans divers ensembles, aux univers musicaux variés ( entre 1995 et 2001)

 

Elle a ensuite utilisé ses compétences en musique et en danse (formation à LYON à l’Académie de Ballet « Nini Theïlade » entre 2001 et 2007) dans son métier d’animatrice et de formatrice BAFA et BAFD.

Elle s’est spécialisée dans la voix depuis 2012, en retournant se former au conservatoire de Valence pour la direction de chœur, auprès d’orthophonistes et phoniatres spécialisés, ainsi qu’à la J.A.V (Jazz Action Valence) pour une approche de la voix en lien avec le corps.

 

Elle enseigne le violon depuis 2008 et le chant depuis 2015.

 

Elle anime aujourd’hui de nombreux ensembles musicaux, sur le plateau de Vernoux en Vivarais où la voix reste au cœur des projets. Elle intervient dans de nombreuses structures comme les crèches, écoles, collèges et lycées pour sensibiliser les élèves et les professeurs à l’outil pédagogique, social et culturel que représente la musique d’ensemble.

 

Elle a créé l’Orchestre du plateau de Vernoux, afin de valoriser les savoirs faire locaux et continuer de tisser des liens humains riches.

Un challenge qui me porte souvent est de faciliter une interprétation commune : quelle image pourrais-je donner autant à des enfants qu’à des adultes afin qu’elle puisse les réunir tous et toutes autour d’une même expression artistique ? "

Tu te sens plutôt créatrice, co-créatrice, inventeuse, artisane, interprète, … ?

 

Je suis une interprète … Je fais travailler l’interprétation en cherchant l’équilibre entre ce que le compositeur semblait vouloir dire, et ce qui sonnera le plus juste pour la personne qui interprète l’œuvre. Un challenge qui me porte souvent est de faciliter une interprétation commune : quelle image pourrais-je donner autant à des enfants qu’à des adultes afin qu’elle puisse les réunir tous et toutes autour d’une même expression artistique ?

 

J’interprète la musique au service de la Vie qui réside en chacun d’entre nous et il nous arrive de composer avec mes élèves, pour être au service de la musique !

Je me sens également co-créatrice car je partage les élans de création avec mes élèves et mes collègues. C’est ce que mes élèves me renvoient qui me donne la matière me permettant de créer des arrangements sur mesure.

Avec mes collègues et mes élèves, nous créons ensemble des liens qui permettent d’avancer sur le chemin de l’expression de soi à travers une construction collective où chacun a une place et rôle important.

Parmi tes œuvres, quelle est celle que tu aimes le plus et pourquoi ?

Mes œuvres ressemblent à des concerts festifs car mon axe de travail est de tisser des liens, dans la joie de partager respectueusement. Mais l’œuvre que j’aime le plus est celle qui rassemble autour d'une étincelle de vie commune.

Qu’est-ce qui te donne envie de créer ?

 

Voir une lumière s'allumer dans l'œil de mes élèves me donne envie de créer.

Sentir une envie partagée qui prend forme dans une discussion entre deux portes…

Lorsqu’une émotion du passé ressurgit et me traverse, j’aime la faire vibrer en harmonie avec ce que je vis aujourd’hui.

Qu’est-ce qui t'éloigne de la création et comment fais-tu pour en retrouver le chemin?

 

Fatigue, stress et conflits conjugaux sont les principaux bâtons qui viennent se mettre dans les roues de mes élans professionnels. Ce métier de musicienne étant une passion qui me nourrit sur de nombreux plans, il m’est souvent difficile de cloisonner ma vie personnelle, familiale et professionnelle.

Le fait que je côtoie quotidiennement de nombreux élèves, du fait que nous vivions sur un territoire proche et rural, est à la fois un frein dans les moments de fatigue où je souhaiterai me replier à l’intérieur de moi, et en même temps toutes ces rencontres sont de magnifiques leviers pour me relancer dans une dynamique créatrice. Mais il reste indéniable que mes projets qui ont sonnés les plus justes à mes oreilles sont nés dans des instants de solitude… encore si rares aujourd’hui !

Dans ton expérience, quels sont les liens qui existent entre idée, matière, corps et création ?

 

Je suis témoin de deux fonctionnements différents chez moi:

- Le plus souvent je ressens cette danse qui effectue des va-et-vient entre ce que me murmure mon corps et ce qu’en fait mon esprit. Ce mouvement incessant qui unit mon corps et mes idées …

- L’araignée tisse sa toile, elle, pour capturer ses proies … pour ma part, tisser des liens humains nous donnent l’occasion d’accueillir ce qui vient ;  de canaliser ce qui nous échappe et qui pourtant arrive sans crier gare, de ressentir ensemble une vibration commune.

Pourrais-tu nous raconter ce qui se passe à l’intérieur de toi quand tu es en train de créer (en nous donnant un exemple) ?

Comme le geste vocal est au chanteur, c’est un mouvement intérieur expansif qui devient le moteur de mes projets. L’idée jaillit souvent très rapidement, et reste la mise en place qui nécessite de nombreuses semaines, voir nombreux mois pour contacter tous les intervenants, financeurs, artistes, enseignants …

L’exemple de l’année dernière n’était pas gagné d’avance en milieu rural puisque l’orchestre symphonique de Vernoux et le chœur Voïco (que j’ai créé tous deux) ont invités des danseurs hip hop et des jeunes collégiens à écrire des textes pour les Rapper/Slamer sur un arrangement (co-écrit avec un collègue) du 2d mvt de la 7° symphonie de Beethoven.

Comment sais-tu qu’une œuvre est terminée ? A quoi le reconnais-tu ?

Dans mes processus pédagogique, la progression est sans fin mais le plaisir et la fierté de mes élèves annoncent la fin d'un cycle.

A mon sens une œuvre est terminée lorsque les cordes sensibles de chacun vibrent en harmonie.

Qu’est-ce que tu aimerais dire à celui ou celle qui n’ose pas se lancer dans un processus créatif ?

 

J’aimerai pouvoir encourager chaque personne sur cette terre à avancer au plus près d’elle-même et à contacter ce qui donne un sens à sa vie.

Créer peut faire peur, mais ce n’est pas dangereux !

Si tu avais un livre, un artiste, une œuvre qui t'as touchée et que tu aimerais nous faire découvrir … ?

Un livre qui m’a ouvert les yeux il y a une bonne dizaine d’années sur ces questions de mise en mouvement de création est :

« Femmes qui courent avec les loups » » de Clarissa Pinkola Estes.

Et si tu nous partageais ton meilleur remède contre le découragement ?

 

Un remède contre le découragement est de me rappeler que les personnes que je réunis viennent souvent dans un processus pédagogique.

 

Revenir à moi,  sans me laisser écraser par les influences extérieures.