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VALENCE - PARIS

© Sophie BOUQUEREL

François GALLIX, contrebassiste

Crédit photo : Jérôme GATINET

Le premier concert professionnel que j’ai fait quand j’avais 16 ans, on a joué juste devant une petite fille qui devait avoir 6 ans et puis à la fin du concert, un des copains avec qui je jouais m’a dit ‘ ben tu vois, au moins notre concert n’aura pas servi à rien, il aura rendu une petite fille heureuse’. Alors sur le moment c’était un peu la loose. Et puis après ça m’est revenu. Parce que dans le jazz c’est souvent des très petits auditoires. Souvent même il y a plus de gens sur scène que dans la salle ! Parfois il faut se contenter d’y croire. Il faut avoir la foi. Et puis moi ça me va très bien. Le matin je me lève et j’ai envie de faire ça. De faire de la musique. Je ne me pose pas trop de questions. Je ne suis pas trop du genre à me dire, peut-être je vais arrêter. Peut-être je vais faire autre chose. Non je n’ai pas trop de doutes. "

Après des études classiques, il se tourne vers le jazz à 14 ans. En 1995, il est l’un des créateurs du collectif MU (1er prix concours jazz à Vienne 95 et la Défense 96, Django d’or97) et du Crescent jazz club de Mâcon au sein desquels il côtoie ou travaille avec de nombreux musiciens Français et internationaux tels que : M.Graillier, A.Jean Marie, C.Vander, P. King, S. Grossman (ami très proche qu’il a accompagné sur plusieurs tournées), F. Chassagnite , S.Murray ,        B .Few ,S. Potts ,Tony Moreno , Flavio Boltro , G.Arvanitas ,   George BrownIII  ,S.Goubert ,E.Lelann ,S&L.Belmondo ,E.Barret ,C.Escoudé ,N.Veras , M.Perez ,R.Delfra ,R.Guérin ,R.Nan ,  S.Kessler ,M.Braff ,M.Michel ,F.Jeanneau…

 

Depuis 1998, participe à des tournées Europe, Afrique, USA et joue régulièrement avec G. Torrent. Pagano, F.D’Oelsnitz, C.Lolo Bellonzi et jusqu’en 2009 dans le quartet de G. Horellou avec Ari Hoenig(drums) ,J.S.Simonoviez « Transition Cosmic Power » et Clara Simonoviez (voc).Il restera à Mâcon jusqu’en 2004, où il est à l’origine du Festival et du stage d’été du Crescent-stage dont ont émergé de nombreux jeunes musiciens.

Cette passion du jazz, appris et vécu auprès des « anciens » et transmise aux plus jeunes ne le lâche plus, toujours en contact avec ceux qui ont fait, font et feront cette musique. 

 

En parallèle il enregistre et joue avec Linda et Pierre Mangeard dans le projet « Jazzanas ».

Très actif sur les scènes Rhône-alpines, il est à l'initiative de nombreux projets musicaux (Afrojazz (Burkina Faso),LatinBird(Salsa)) ,AkoustikTrio(France/Québec),Ambivalence avec Ben Solomon (USA), Matthieu Rossignely trio (Genève CH).

Il se produit régulièrement avec J.Bertrand , S Joulie, B Blanchet, M.Fernandez , Manhu Roche, Stefano Cantini , Pierre de Bethmann, P. »Pipon » Garcia, JL.Bonneton ,M.Liebeskind/Ibra Gallissa(Guinée Conakry)…

 

A collaboré avec l'AAFA et les centres culturel français sur des tournées, master classes, rencontres et créations interculturelles en Bulgarie, Syrie, Soudan, Algérie, Bénin, Sénégal, Mauritanie, Guinée Conakry, Niger, Égypte, Maroc, USA, Angleterre, Italie.

Contrebassiste de "Magnetic Orchestra" qui se produit depuis 2012 avec Anne Sila (lauréate THE VOICE France 2015) ainsi qu'avec Eric Lelann et Stéphan Moutot. (4 albums, salués unanimement).

 

En 2016, il recrée le COLLECTIF MU, avec une nouvelle équipe et sous un nouveau nom : LES PERMUTANTS, groupe réunissant des musiciens français parmi les plus chevronnés et de plus jeunes en pleine ascension. Le premier album est « albumCHOC ! » de Jazzmagazine et classé dans les 10 meilleurs albums jazz 2016 par les Inrocks. Le groupe sillonne clubs et festivals.

 

Il est aussi le fondateur du label indépendant « JAZZANAS », toujours prêt à soutenir et à encourager  de nombreuses formations, qui, faute de labels et de distributeurs, n’ont qu’une visibilité très réduite.

Jazzanas a soutenu depuis 2011, la sortie d’une vingtaine d’albums (Magnetic Orchestra, LatinBird, Afrojazz, C.Bellonzi….)

De plus François Gallix est professeur de contrebasse et de workshops jazz à JazzActionValence.

Tu te sens plutôt créateur, co-créateur, inventeur, artisan, interprète, … ?

Dans les choix que tu me donnes c’est artisan. Souvent je réponds ça. Parce que la façon dont je fais la musique ça se rapproche plus de l’artisanat que des circuits artistiques classiques et connus. C’est du bricolage… En ce moment je dis beaucoup que je fais du bricolage.

Parmi tes œuvres, quelle est celle que tu aimes le plus et pourquoi ?

Je n’attache pas plus d’importance que ça à mes œuvres. Musicalement parlant on pourrait parler des compositions… Mes compositions existent dans le cosmos. Elles sont parfois jouées. Parfois travaillées.

Par contre, chaque fois que moi je vais jouer, c’est là que ça se passe en fait. Donc chaque jour, quelque part, c’est une nouvelle œuvre. Et je me suis donné le luxe de n’aller que là où je voulais. D’aller faire de la musique avec les gens que j’aime. C’est probablement le critère le plus important pour moi. Donc je suis content d’y aller, de travailler les morceaux, de travailler la musique, de faire évoluer la musique et puis de la jouer devant les gens. Le soir en rentrant après le concert c’est parfois mitigé. Le résultat est mitigé mais dans tous cas, le moment de jouer, c’est là que ça se passe. Et c’est chaque jour …

Crédit photo : Jérôme GATINET

Qu’est-ce qui te donne envie de créer ?

 

C’est ce qui a autour. La nature, l’Ardèche. Quand je suis en ville, je tiens 48h et après c’est fini, je rentre en chaos intégral. Donc l’environnement.

Les gens aussi. Déjà les proches. Quand je suis avec la famille ça me donne envie d’y aller. De  faire avancer la machine, ne pas s’arrêter. De continuer toujours. Il y a aussi les gens avec qui je fais de la musique. Et puis les quelques rares personnes qui écoutent encore du jazz. Donc le public.

Et puis, maintenant je ne le dis plus trop, mais quand on est jeune on se dit qu’on va changer le monde. Je ne dis pas que je n’y crois plus. Ca fait son œuvre…

Le premier concert professionnel que j’ai fait quand j’avais 16 ans, on a joué juste devant une petite fille qui devait avoir 6 ans et puis à la fin du concert, un des copains avec qui je jouais m’a dit ‘ ben tu vois, au moins notre concert n’aura pas servi à rien, il aura rendu une petite fille heureuse’. Alors sur le moment c’était un peu la loose. Et puis après ça m’est revenu. Parce que dans le jazz c’est souvent des très petits auditoires. Souvent même il y a plus de gens sur scène que dans la salle !

Parfois il faut se contenter d’y croire. Il faut avoir la foi. Et puis moi ça me va très bien. Le matin je me lève et j’ai envie de faire ça. De faire de la musique. Je ne me pose pas trop de questions. Je ne suis pas trop du genre à me dire, peut-être je vais arrêter. Peut-être je vais faire autre chose. Non je n’ai pas trop de doutes.

Qu’est-ce qui t'éloigne de la création et comment fais-tu pour en retrouver le chemin?

 

Les gilets jaunes ! Les gilets jaunes m’éloignent de mes répétions !

J’en ai annulé plusieurs pour aller aux gilets jaunes. J’ai vraiment une sainte horreur de l’injustice. Je me suis toujours retrouvé à faire des manifs. J’ai grandi là dedans, dans une famille de militants. Donc quand je ne suis pas bien pour faire de la musique c’est qu’il y a quelque chose d’injuste qui me travaille. Et là par exemple ces derniers temps, je préfère aller manifester ou agir que d’aller répéter. Après je vais au boulot, j’honore mes engagements mais quand il y a autour de moi quelque chose qui ne tourne pas rond ça me travaille.

Sinon, je n’ai jamais vraiment de mal à m’y mettre.

Crédit photo : Jérôme GATINET

Dans ton expérience, quels sont les liens qui existent entre idée, matière, corps et création ?

 

Le jazz c’est une musique de danse au départ. Donc évidement c’est hyper important d’avoir toujours ce côté là en tête. Par exemple, je ne me retrouve jamais à jouer avec des gens qui sont raides. J’aime la souplesse. Et quand je dis souplesse ça veut dire la souplesse dans la musique mais aussi dans la tête. Et dans le corps. J’aime jouer avec des musiciens qui bougent sur scène. Qui sont traversés par la musique. Qui ne sont pas raides comme des piquets. Les concerts statiques ça marche pas pour moi. Faut que ça bouge, que ça transpire, que ça danse.

Alors souvent, j’emmène mes musiciens couper du bois ou sur un tatami ou marcher dans les bois. Pour être détendu et prêt pour la musique. Je m’entends bien avec les musiciens qui font des arts martiaux par exemple. Ou qui sont paysans !

Pourrais-tu nous raconter ce qui se passe à l’intérieur de toi quand tu es en train de créer ?

Alors y’a deux scenarii possibles.

Le premier c’est la composition. Alors là c’est la guerre. Je ne compose pas beaucoup mais quand il y a un truc qui doit sortir, c’est vraiment une bataille. C’est la guerre. J’arrache les feuilles, je tape sur le piano, je ne dors pas pendant trois jours, je crie sur tout le monde. Faut pas être dans mes pattes à ce moment là. Heureusement ça n’arrive pas tous les jours ! Loin de là. 

Généralement quand j’écris c’est qu’il faut que j’écrive. C’est parce qu’il y a un impératif. Pour un disque ou pour un projet. Donc je me fais violence et je vais chercher dans les tréfonds. Mais ce n’est pas l’essentiel de mon temps. Heureusement. Ça n’est pas toujours très agréable.

Et puis alors après, dans l’interprétation de la musique là c’est assez indescriptible parce que c’est réellement un état second. Donc ce n’est plus moi et je n’ai jamais cherché à le décrire, à l’expliquer et ça me va très bien comme ça. Et puis avec le temps ça devient de plus en plus facile. Au moment où la musique commence ça change d’état assez directement et de plus facilement avec les années qui passent.

Comment sais-tu qu’une œuvre est terminée ? A quoi le reconnais-tu ?

Pour la musique c’est quand elle a été jouée et qu’il y a eu le retour des gens qui l’ont entendue. Et si les retours sont bons, je ne touche plus à rien. Et si je vois que ça ne marche pas du tout alors j’y retourne. Donc ça se décide au concert en fait. Au premier concert parfois tu sais tout de suite si le morceau marche ou pas. Quand les gens ne te parlent que de celui là à la fin du concert c’est que c’est bon ! S’ils te parlent de tout sauf de celui là, c’est qu’il faut y retourner. L’avis du public surtout.

Qu’est-ce que tu aimerais dire à celui ou celle qui n’ose pas se lancer dans un processus créatif ?

 

Essaie qu’on voit et puis essaie pour voir. Pour toi. Essaie. Et puis les gens autour de toi te diront et toi tu sauras.

Ou bien si vraiment tu n’oses pas, fais autre chose !

Si tu avais un livre, un artiste, une œuvre qui t'as touchée et que tu aimerais nous faire découvrir … ?

 

La Horde du Contrevent d’Alain DAMASIO

Et si tu nous partageais ton meilleur remède contre le découragement ?

 

Faire du bois ! Faire des trucs physiques.

Crédit photo : Jérôme GATINET