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© Sophie BOUQUEREL

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Printemps


Oh je voudrais tellement qu’il existe un langage si bien ajusté aux courbes de mon âme qu’il ne serait plus comme un enfant dans l’errance… Un langage tout juste éclos mais intrépide, se nourrissant dans l’eau des torrents. Il viendrait picorer dans la main du silence. Apprivoisé mais libre. Dans la lumière incandescente de nos sentiments.

Il serait comme le printemps que l’on attend. Un foisonnement de vie. Une espérance neuve. Il accrocherait des étoffes précieuses et diaphanes à nos fenêtres. De la terre jailliraient alors des phrases comme des vignes, mûries au grand soleil, gorgées de sève, surgissant des profondeurs en grappes généreuses et arborescentes… D’elles, nous ferons le vin des noces. Nous en boirons jusqu’à ce qu’il imprègne de joie la chair de nos corps. Et nous resterons là, très loin dans l’or du soir…  Puis, quand la nuit du silence mettra tout au repos, notre langage sera alors comme le jour qui se retire au loin. Tendre et patient devant les étoiles de quelques chagrins qu’on croyait inconsolables. Mais confiant de savoir, depuis si longtemps, que la lumière revient toujours, qu’elle reviendra bientôt. Qu’elle donnera naissance, dans le jour qui poindra, aux promesses d’une aube que personne n’attendait. Belle et saisissante. Amoureusement espérée.

Ulysse

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