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© Sophie BOUQUEREL

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Tumultes


Je fais les cent pas sur les pavés rebattus de mon âme. Il y a en moi une soif que rien n’apaise, un soleil brûlant impossible à contenir. Je sens cette boule incandescente coincée dans ma gorge comme le noyau d’un atome. Et tous ces animaux sans nom qui rongent les barreaux de ma paix… Ils portent les masques sans visage d’une violence que je sais mienne. Cette puissance gantée de fer et de braises qu’il me faut pénétrer. Jours après nuits.


Mes océans intérieurs sont souvent bien plus houleux que tous les flots que je traverse. Il y a tant d’attentes à décevoir, tant d’impatiences à consumer, tant de peurs à dévêtir. Mais tant de désir. Tant de ciel. Tant de vie qui s’obstine. Tant d’ardeur inlassable !


Biensûr, je sais en moi des soulèvements et des fièvres que, parfois, je voudrais voir sombrer. Des insurrections intimes que ma main voudrait tenir enserrées jusqu’à leur dernier souffle… Mais les étouffer serait alors comme faire taire les plus grandes marées ! Se réduire soi-même à l’identique, à l’immobile !

Vois comme il faut que nos âmes tremblent devant cette puissance capable de tous les bouleversements pour nous arracher à nos enlisements de mort …

Renoncer, ce serait comme vider l’océan de ses eaux. Réduire les profondeurs de soi à une terre craquelée par la crainte … Que resterait-il alors à la vie ?


Quand se lève le vent du dedans, c’est qu’il est temps de choisir les feux que l’on nourrit. Les terres que l’on irrigue. C’est qu’il est temps d’apprendre que le tumulte mène au large. Bien au-delà de tout ce que l’on a pu voir… Et que la puissance qui aujourd’hui t’effraie, pourra, s’il le faut, séparer les eaux devant toi afin de te frayer un chemin.


De toute ma force je t’embrasse.

Ulysse

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