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Promesse


Ce soir je peine à trouver les mots pour te rejoindre …


Tous ceux dont je m’approche se précipitent dans le silence, comme un papillon consumé s’abat vers la lumière. Ils entrent en décomposition contre la terre, le criant de la terre, le fumant, le putride. Ils viennent coller leur visage à la face du réel et blêmissent soudain de se sentir si faibles devant ce monde en feu…


T’écrire malgré tout depuis ce lieu muet… Prendre le temps de délier mes alphabets. D’ouvrir en grand les fenêtres de mes langages. D’arracher mes mots de leur gangue et d’accueillir l’étrange annonce d’un printemps dans cette nuit déserte…

Le silence, c’est le temps du veilleur. Le temps de celui qui ne s’enfuira pas dans ces heures nocturnes. Qui poursuivra son chant quand tout se sera tu. C’est le temps de la présence. Celui de la promesse. Le prélude feutré d’une résurrection. Peut-être … Mais cette résurrection frémissante n’est pas dans les tombeaux, ni même dans la mémoire. Elle est vibrante sous la chair. Profondément déposée dans le terreau de nos vies comme un rhizome de notre humanité. Elle est à l’œuvre bien avant que la mort se mette au travail. Toujours entêtée dans son ardeur du vivant. Sachant dans le silence, que c’est la vie qui entre par effraction dans nos vies. Jamais la mort.


Comme je t’embrasse …


Ulysse

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